La suspension consentie de l’incrédulité – comment prendre soin de sa santé culturelle

Théâtre documentaire : durée 1 h 15

La suspension consentie de l’incrédulité est un solo tendre et lumineux qui célèbre l’expérience du spectateur et la puissance du lien entre l’art et ceux qui s’y abandonnent. Dernier spectacle :  le 5 avril à 14 h si vous voulez voir cette pièce au Théâtre La Bordée.

La suspension consentie de l’incrédulité est une proposition, par sa forme, différente du théâtre plus traditionnel. C’est juste de la sincérité sur une scène. C’est très sympathique et ça fait beaucoup de bien.

Dès les premières minutes du spectacle, Émilie Perreault s’adresse au public et lui lance, avec un sourire complice : Pourquoi êtes-vous ici? Une question qu’elle répète avec malice tout au long de la représentation nous invitant ainsi à réfléchir à cet acte souvent instinctif d’aller vers l’art, à ce besoin de ressentir et de s’émouvoir ensemble.

La suspension consentie de l’incrédulité tire sa matière dans deux essais qu’Émilie Perreault a publié (Faire œuvre utile et Service essentiel : comment prendre soin de sa santé culturelle). Elle y revisite divers spectacles marquants auxquels elle a assisté.

« Elle nous parle aussi de gens croisés au fil de son CV de spectatrice. Mary Poppins y côtoie aussi bien Robert Lepage qu’Éric-Emmanuel Schmitt, alors que la musique de Patrick Watson ou les spectacles du Club des 100 watts ne sont jamais bien loin. « 

D’après elle, le théâtre est un endroit où l’on prend soin de soi.  On devrait en faire un rendez-vous régulier, car c’est essentiel. On en a besoin pour vivre. Autant dans les bons moments que lors de ceux qui sont plus difficiles. 

La culture est, pour Émilie Perreault, bien plus qu’un divertissement : Elle y voit un espace d’intimité et de résonance, un moment essentiel pour s’arrêter et se reconnecter à soi. L’art, pour elle, a ce pouvoir unique de nous émouvoir, nous émerveiller, nous apaiser, parfois même nous libérer et nous révéler à nous-mêmes.

Dans son spectacle, on y entend plusieurs voix : Marc Labrèche, Guy Nadon, Robert Lepage, Fred Pellerin. Elle nous parle du livre de Bizz.

Un spectacle-documentaire, une réflexion sur l’émerveillement, les conventions sociales, l’amour profond de l’art, empathie physiologique, la synchronicité, les boulimiques de la culture.  En tant que spectateurs on peut se laisser aller.

Quelque fois, les gens ont besoin de se raconter , d’autres fois, ils ont besoin de temps pour digérer l’information. 

Se déplacer pour aller voir des spectacles peut agir comme une thérapie par l’Art et il ne faut pas se gêner pour dire qu’on a vu un spectacle et qu’on l’a aimé.  Voilà c’est fait.  Un spectacle différent qui fait du bien. 

TEXTE ET INTERPRÉTATION : Émilie Perreault
VOIX HORS CHAMP : Marc Labrèche
MISE EN SCÈNE : Charles Dauphinais
CONSEIL DRAMATURGIQUE : Jean-Philippe Lehoux
SCÉNOGRAPHIE ET ÉCLAIRAGES : Robin Kittel-Ouimet
MUSIQUE : Benoit Pinette
PRODUCTION : Les Productions Hainault INC.
DIRECTION TECHNIQUE : Lisandre Coulombe

labordee.ca/piece/la-suspension-consentie/

Crédit photo: Marie-Josée Boucher

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