Le Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ) nous conviait le 31 mars pour un 5 à 7 au lancement de l’ouvrage Jacques Payette. Artiste de l’intime et du temps qui passe.
Signé par l’historien de l’art John R. Porter, cet ouvrage ambitieux, comprend deux volumes, et met en lumière la vie et l’œuvre foisonnante de l’artiste montréalais Jacques Payette, figure marquante de la peinture figurative québécoise.
Animée par Eve-Lyne Beaudry, directrice des collections et de la recherche au MNBAQ, la soirée a pris la forme d’ une discussion entre Jacques Payette et John R. Porter
UNE INCURSION DANS LE QUOTIDIEN D’UN ARTISTE FIGURATIF D’EXCEPTION
Né à Montréal en 1951, Jacques Payette réalise depuis les années 1970 des portraits intimistes, des scènes d’intérieur et des paysages baignés de mélancolie et de nostalgie. Autodidacte et talentueux, il est d’abord associé au courant de la nouvelle figuration. Dès les années 1990, il confère progressivement à ses univers oniriques une plasticité plus prononcée qu’il n’a cessé d’affirmer à ce jour. Artiste polyvalent et inventif, il met au point diverses techniques, comme le dessin « à la manière noire », c’est-à-dire le dessin au crayon de bois sur une toile recouverte d’acrylique bleu foncé, puis la peinture à l’encaustique. Jacques Payette est aussi un photographe accompli, dont la production abondante est demeurée confidentielle jusqu’à la publication en quatre volumes de Jacques Payette. Photographies (2023), également rédigé par John R. Porter.
L’ouvrage Jacques Payette. Artiste de l’intime et du temps qui passe embrasse toutes les facettes de l’art et retrace le parcours singulier de ce prolifique artiste qui a signé plus de 3 800 œuvres originales et quelque 100 000 photographies. De nouvelles œuvres, des textes oubliés et des discussions nourries avec l’artiste ont permis à l’auteur de tisser des liens entre la vie personnelle et l’œuvre de Payette au fil des années.
En six chapitres agrémentés d’extraits d’articles, d’entretiens et de près de 600 illustrations, John R. Porter se penche sur l’évolution du peintre-dessinateur virtuose, pour mesurer l’influence de son milieu d’origine modeste sur sa production artistique, de même que sa place à part au sein de la communauté artistique montréalaise. Il raconte l’apparition de sa production photographique, dont il fait ressortir l’originalité et les qualités intrinsèques. Le deuxième volume privilégie l’examen des thèmes qui traversent l’œuvre de cet explorateur du temps et de l’intime. Il nous ouvre les portes des ateliers de Payette à Montréal et ailleurs, et nous éclaire sur le rôle décisif de galeristes et de critiques d’art pour la reconnaissance de la figuration dans l’histoire de l’art québécois contemporain.
C’est un horizon de découvertes de toutes sortes qui s’offre au lecteur, y compris le quotidien d’un artiste exceptionnel.
C’était intéressant de découvrir les coulisses de cette aventure éditoriale et mieux comprendre les fils conducteurs – l’intime, le temps, les dualités – qui traversent l’œuvre de cet artiste accompli.
Ce qu’on apprend :
John R. Porter a mis 7 ans de travail pour cette imposante monographie sur Jacques Payette. Il a reçu l’aide financière de la Fondation familiale Pierre Lassonde.
On décrit Jacques Payette comme un artiste atypique et polyvalent. Un homme qui a flirté avec le pop art, l’arte povera, le surréalisme, l’art conceptuel, les ready-made ou les installations. Un homme qui peut manier les différentes matières et en faire des œuvres surprenantes. M. Payette est reconnu comme un peintre contemporain autodidacte. Ses dessins, tableaux et sculptures figurent dans des centaines de collections privées, musées etc. en Amérique et en Europe.
Payette présente « une autre façon d’habiter un monde » écrit Lise Bissonnette dans la postface de l’ouvrage. Dans son ouvrage on entrevoit « le temps qui passe, l’urgence de vivre, les gens qui vont disparaître, qui sont fragiles »
Jacques PAYETTE, artiste
John R. PORTER, historien de l’art, directeur honoraire du MNBAQ et auteur de l’ouvrage
INFORMATIONS PRATIQUES
Crédit photos : Lise Breton
