du 4 au 29 mars 2026

Texte de WILLIAM SHAKESPEARE
Traduction JEAN-MICHEL DÉPRATS
Adaptation et mise en scène d’ANGELA KONRAD

En coproduction avec LA FABRIK et USINE C

Durée : 2 h 50 avec entracte

La représentation du 21 mars offerte avec audiodescription

Supplémentaire le 29 mars 2026

J’avais vraiment hâte de voir Hamlet la pièce des pièces, et si vous croyez que tout a été fait et dit autour de ce drame au cours des cinq siècles derniers, attendez de voir le mandat que s’est donné Angela Konrad qui retrouve non seulement son auteur de prédilection (elle qui a déjà mis en scène Richard III et Macbeth), mais elle a confié également le rôle d’Hamlet, à Céline Bonnier, l’une des plus grandes comédiennes du théâtre québécois.  Juste ça, c’est assez pour ne pas bouder son bonheur.

Kevin McCoy, Marie-Thérèse Fortin, Céline Bonnier, Marie Line Mwabi Bouthillette, Jean Marchand et Maxime Robin

De plus, le florilège de comédiens exceptionnels avec leurs robes ou costumes tous plus beaux les uns que les autres dans un décor moderne nous mettait déjà dans l’ambiance d’une soirée qui sortirait de l’ordinaire. 

Une pièce sérieuse, sans se prendre au sérieux, on rit dans la pièce pour l’ironie et l’absurdité qui se joue des ambiguïtés des paradoxes. Plusieurs surprises seront au rendez-vous, une en particulier qui a bien fait rire les spectateurs.

Cette pièce de 400 ans est toujours d’actualité et la langue, avec son vocabulaire complexe, tout comme l’être humain, est une œuvre d’art en soi.

Sous l’angle de la vérité, la metteure en scène Angela Konrad s’est entourée d’une équipe solide pour ce spectacle où il sera question de démantèlement du pouvoir, de soif de vengeance et de pulsion de mort!

Décor

Comme le mentionne Olivier Arteau, directeur artistique, la pièce se joue dans un espace épuré, semblable à une galerie d’art, réconfortant par son esthétisme léché, mais ô combien perverti par des personnages libidineux et hédonistes. À l’occasion, on projette sur les murs les personnages.

L’histoire

Le roi du Danemark est mort et son frère Claudius lui a succédé sur le trône et a épousé sa veuve Gertrude. Hamlet, en deuil de son père, n’arrive pas à accepter que sa mère se remarie si rapidement avec son oncle. Le spectre du roi apparaît alors et révèle à Hamlet qu’il a été assassiné par Claudius. Souhaitant venger la mort de son père, Hamlet simule la folie et met en scène une pièce de théâtre dans le but d’amener son oncle à avouer sa culpabilité, et sa mère à renoncer à son second mariage. L’étrangeté de son comportement plonge la cour dans la perplexité qui place cette folie passagère sur le compte de l’amour d’Hamlet pour Ophélie. Mis en cause à mots couverts, Claudius perçoit le danger et décide de se débarrasser d’Hamlet.

Distribution
Céline Bonnier, Marie-Thérèse Fortin, Marie Line Mwabi Bouthillette, Kevin McCoy, Maxime Robin et Jean Marchand

Analyse

Bien sûr, beaucoup de mots et de réflexions.  Au début, c’est possible de ne pas tout enregistrer et comprendre, mais plus la pièce avance, mieux on en comprend le déroulement. On fait même participer les spectateurs, en leur faisant réciter des phrases que l’on peut voir sur le mur. Nous sommes donc devenus les comédiens pour aider la cause de Hamlet. 

La pièce nous montre des figures de pouvoir qui réduisent la fièvre d’Hamlet à une dépression passagère, diminuant avec quelques courbettes langagières la lucidité avec laquelle il observe notre monde. C’est facile de traiter quelqu’un de fou quand on ne comprend pas ou que l’on ne veut pas voir la vérité. 

La pièce peut encore nous ébranler et nous aider à développer une pensée réflexive complexe. Une histoire qu’on n’a pas fini de décortiquer.

Conception
Bethzaida Thomas, Alexandre Desjardins, Sébastien Dionne, Jean-François Labbé, Simon Gauthier

Crédit photos : Lise Breton