Une comédie dramatique qui dévoile un pan ignoré de l’histoire québécoise

La Bordée et La Compagnie dramatique du Québec s’unissent de nouveau pour présenter Le chiard, une comédie dramatique éclairant un épisode méconnu de l’histoire du Québec : la tragédie vécue par les pêcheurs gaspésiens, pris dans un système d’endettement pendant plus de 250 ans. Écrite par Isabelle Hubert et mise en scène par Jean-Sébastien Ouellette, la pièce sera à l’affiche du 3 au 28 mars 2026.

« Avec Le chiard, nous concluons le troisième et dernier volet du cycle identitaire de la saison. Un nouveau jour explorait le discours national québécois; L’Empire du castor s’intéressait à l’influence de la Compagnie de la Baie d’Hudson dans la création du Canada; et ici, Isabelle Hubert plonge dans la condition des Canadiens français au début du XXᵉ siècle, à l’ombre des grands monopoles étrangers », explique Michel Nadeau, directeur artistique de La Bordée.

L’histoire se situe avant la rébellion des pêcheurs de Rivière-au-Renard, alors qu’un système économique contrôlé par des compagnies anglo-normandes domine toute la région. On y suit Donatienne, femme de pêcheur reconnue pour son célèbre chiard de morue salée, qui refuse d’en préparer pour le grand patron. Un geste apparemment anodin qui divisera le village et entraînera Donatienne et sa famille dans un profond bouleversement.

Je suis née et j’ai grandi en Gaspésie. Aujourd’hui, c’est une région qui a la cote.” raconte Isabelle Hubert, autrice de la pièce. “Ce n’est que récemment que j’ai réalisé que l’histoire du Québec qu’on nous enseigne à l’école ne s’intéresse pas franchement à nous. Du primaire au cégep, on m’a raconté le commerce de la fourrure et les coureurs des bois, mais la tragédie des pêcheurs endettés pendant 250 ans a toujours été ignorée.”, conclut-elle. Elle a donc voulu raconter l’histoire de ces gens piégés dans un système de surendettement où le poisson n’est pas celui qu’on croit.

Pour le metteur en scène Jean-Sébastien Ouellette, le spectacle met avant tout en lumière la force du collectif : « Le chiard n’est pas un one man show. C’est une collectivité qui se lève pour raconter un bout de Notre histoire. Donatienne est une goutte dans l’océan, mais un million de gouttes font une vague… et un million de vagues, la mer. Des entrepôts d’Amazon aux usines de textile de Coaticook, des plantations de coton de Louisiane aux data centers de l’IA, le temps se replie pour révéler le vrai visage de l’exploitation : l’humain peut être un loup pour l’humain, et l’Entreprise, une meute de chacals pour l’ouvrier·ère. »

À La Bordée, du 3 au 28 mars 2026
Billets en vente dès maintenant : labordee.ca/piece/le-chiard/
À noter : le texte de la pièce sera publié le 10 mars, des copies seront en vente au théâtre à partir de cette date.

LA BORDÉE
Pôle majeur de la création théâtrale à Québec depuis près de 50 ans, La Bordée est un organisme à but non lucratif situé en plein cœur du centre artistique de Québec, le quartier St-Roch. La Bordée produit et diffuse des textes forts et signifiants du répertoire mondial, de la dramaturgie québécoise et contemporaine, qui résonnent auprès du grand public. Le théâtre de création y occupe une grande place. La Bordée est également un lieu d’accueil pour la diffusion du théâtre québécois et d’ailleurs, et pour la tenue de manifestations culturelles de toutes sortes.
La Bordée tient à remercier Québecor à titre de grand partenaire de la saison 25-26, Desjardins Caisse de Québec et la Caisse d’économie solidaire Desjardins, présentateurs de la pièce Un nouveau jour.

LA COMPAGNIE DRAMATIQUE DU QUÉBEC
Le mandat de la C.d.Q. s’articule autour de la création, donc d’une parole actuelle. C’est le discours, l’idée, la réflexion autour d’un sujet qui charpente nos productions. L’histoire aussi, car ils aiment passionnément raconter des histoires.
Dans leurs productions, la forme et la facture demeurent libres et variées parce qu’ils servent toujours l’intérêt du discours. Ce qui importe avant tout, c’est l’expression d’un point de vue précis et personnel afin de donner un théâtre original, inédit et bien ancré dans le monde qui nous entoure. S’il leur arrive de se pencher sur le passé ou l’ailleurs, c’est toujours afin de mieux comprendre le présent et envisager l’avenir avec espoir. Chaque expérience présente de nouveaux défis formels et la démarche, elle, s’enrichit de production en production : préciser la pensée, la rendre fluide, digeste, touchante, bref, exploiter le rapport profondeur/clarté.


La C.d.Q. tient à remercier François Gagnon pour son soutien inestimable.