Durée : 2 heures sans entracte
Ce soir, Bruno Pelletier ne nous a pas simplement conviés à un spectacle, il nous a reçus chez lui. Pour cette première tant attendue, l’artiste a délaissé les artifices pour transformer la scène en un véritable salon, créant une proximité rare où la barrière entre la vedette, et son public s’est totalement évaporée.
Une ambiance entre amis
Accompagné de ses deux complices musiciens, Martin Bachand (guitare), et Claude Pineault (multi-instrumentiste) Bruno a misé sur la simplicité et l’authenticité. L’atmosphère était à la confidence, comme si nous étions une poignée de proches réunis autour d’un verre. L’amoureuse du chanteur, Brigitte Marchand (voix et envolées lyriques) discrète mais présente, a ajouté une touche de douceur et de vérité à cette soirée profondément humaine. C’est d’ailleurs elle qui a reçu la première ovation avec Carmen de Bizet. (L’amour est un oiseau rebelle). Ce spectacle était à la fois festif et chaleureux et la virtuosité rencontrait la spontanéité.

Martin Bachand, Bruno Pelletier, Brigitte Marchand, Claude Pineault
Un échange constant
L’un des points forts de la soirée fut sans contredit la place accordée au public. Loin d’un tour de chant rigide, le spectacle a vécu grâce à une interactivité constante. Bruno a sollicité ses musiciens, les faisant chanter, mais aussi les spectateurs, il les a fait participer et rire, transformant la salle en un chœur complice et dynamique.
Toujours les papillons dans l’estomac
Transparent sur ses états d’âme, Bruno a avoué avoir toujours une certaine fébrilité pour les spectacles, il se considère tout d’abord interprète-auteur-compositeur. Il nous a raconté plusieurs confidences de ses spectacles à Paris dont Starmania qui devait durer 3 mois, mais qui a duré 2 ans.

Martin Bachand, Bruno Pelletier et Claude Pineault
Bruno a revisité avec authenticité les grandes chansons de sa carrière, Coriace, Ailleurs c’est comme ici, ainsi que des coups de coeur personnels, de Supertramp, Peter Gabriel, Génésis, The Beatles, et Elvis Presley, avec déhanchement en prime. Il ne faut pas oublier À la Manic qu’il a chanté en faisant participer les spectateurs. Une des plus belles chansons d’amour à son avis.
En rappel, il a chanté des extraits des auditions de Notre-Dame-de-Paris, de Starmania, son amouseuse l’extrait de Dracula et bien sûr il a terminé avec Le temps des Cathédrales en nous faisant participer avec lui.
Entre confidences, rires et moments d’émotion, il nous a entraîné dans un tourbillon musical avec ses amis musiciens pour un grand jam collectif où rock, pop, opéra et même un brin de country se côtoient naturellement. La complicité musicale était palpable, les musiciens improvisaient, se répondaient et partageaient avec le public le pur plaisir de jouer ensemble dans une atmosphère chaleureuse et libre où tout pouvait arriver.
Nos sympathies
Pour la perte de sa sœur, il y a à peine deux semaines. Elle était sa grande complice et on pense qu’elle lui a donné la force de continuer ce soir.
La beauté de l’imprévu
Le terme qui résume le mieux l’expérience est sans doute « parfaitement imparfait ». C’est dans les petits moments de vulnérabilité, les anecdotes spontanées et les échanges naturels que le spectacle a trouvé sa plus grande force. Bruno Pelletier a prouvé qu’après tant d’années de carrière, sa plus grande maîtrise réside dans son humanité et sa capacité à se livrer sans filtre.
Une soirée mémorable qui nous rappelle que les plus grands moments de musique sont ceux qui se partagent avec le cœur.

De retour le 8 novembre 2026 à 15 h (salle Albert Rousseau)
Crédit photos : Otilia Cormier
