Après un passage remarqué au FTA, le thriller existentiel Extérieur/nuit revient à Montréal

Après cinq représentations jouées à guichets fermés au Festival TransAmériques en juin 2025, Le Théâtre indépendant revient au Théâtre Prospero du 17 au 28 mars 2026 avec Extérieur/nuit. Cette œuvre singulière signée JJ Houle, mise en scène par Charles Voyer, trouble nos sens pour mieux déstabiliser nos certitudes.
Trois personnages errent dans la nuit lugubre et vaporeuse d’une ville sans nom. En proie à des réminiscences inavouables et ne sachant plus faire la différence entre leurs fantasmes inquiétants et la brutalité du réel, iels tanguent au bord du gouffre. Les destins d’un camboy à l’esprit altéré (Charles Voyer), d’une jeune fille qui usurpe l’identité d’un camarade de classe sur le web (Gwendoline Côté) et d’une jeune femme tourmentée par les actes violents qu’elle a commis (Aline Winant) s’entremêlent à l’issue d’une soirée tragique.
À travers les labyrinthes du Web, de la cité et de leurs propres angoisses, ces êtres en quête de repères se prêtent, consciemment ou non, à des jeux dangereux. Iels scrutent les recoins les plus sombres de leur vie et dévoilent la férocité de leurs pulsions.
« C’est souvent avec fascination qu’on observe le ballet de leurs entrées et de leurs sorties, qu’on scrute l’élan et la posture, le mouvement et l’immobilité, les étapes d’une partition où rien n’est laissé au hasard. Longtemps après qu’on a quitté la salle, les existences incandescentes de Sandra, Cody et Joëlle continuent de nous habiter. » – Christian Saint-Pierre, Le Devoir
UNE EXPÉRIENCE SENSORIELLE IMMERSIVE
Pièce chorale aux allures de thriller existentiel, Extérieur/nuit adopte une structure narrative disloquée qui révèle progressivement la complexité des dilemmes de ses personnages. L’audace du langage scénique fait vaciller la notion d’identité dans un ballet d’images et de sons.
Ventriloquie sans marionnette, spatialisation sonore immersive, effets d’apesanteur, voire de lévitation : tout concourt à créer une véritable expérience sensorielle, plongeant le public dans la déroute mentale et émotionnelle des personnages. Ce récit atmosphérique, à la fois cruel et angoissant, nous transporte dans un univers où il devient impossible de départager le fantasme de la réalité.
UN COLLECTIF QUEER À L’ESTHÉTIQUE AFFIRMÉE
Troisième création du Théâtre indépendant, Extérieur/nuit s’inscrit dans la démarche singulière de ce collectif interdisciplinaire, situé au croisement du théâtre, de la performance et des arts visuels. Composé d’artistes queers, le groupe à géométrie variable explore depuis 2018 une dramaturgie de l’intime, entre récit personnel et fiction, en interrogeant les tensions entre identité, désir et violence.
Ses créations, puissantes et sensibles, offrent une multiplicité de lectures et d’expériences scéniques. Après Quartett solo (ZH Festival et Prospero, 2020) et Le gardien des enfants (OFFTA et Prospero, 2022), Extérieur/nuit cristallise l’esthétique du collectif dans un langage scénique minutieusement ficelé.
Pour peaufiner son œuvre, le collectif a bénéficié de résidences de création ici et à l’international : Théâtre Prospero et LA SERRE – arts vivants (2024), Santarcangelo Festival (Italie, 2024), Le 140 (Belgique, 2025). Soyez des nôtres le mardi 17 mars 2026 à 20 h au Théâtre Prospero pour la première médiatique d’Extérieur/nuit. Les places sont limitées : réservez la vôtre dès maintenant. Les artistes à l’origine du projet sont aussi disponibles pour des entrevues à propos du spectacle.
Crédit photo: Courtoisie
