Pour inaugurer sa première saison à titre de directeur artistique et musical de l’Opéra de Québec, Jean-Marie Zeitouni a choisi une œuvre fondatrice : Orfeo ed Euridice de Christoph Willibald Gluck, présentée les 24, 27, 29 et 31 octobre au Grand Théâtre de Québec.

Créé à Vienne en 1762, ce chef-d’œuvre marque un tournant dans l’histoire de l’opéra. Gluck y dépouille le genre de ses artifices pour placer au premier plan le drame, les personnages et l’émotion. En une heure trente, sans entracte, Orfeo ed Euridice raconte l’une des histoires les plus universelles qui soient : celle d’un homme prêt à affronter les Enfers pour retrouver la femme qu’il aime.

Jean-Marie Zeitouni souligne toute l’exigence de cette œuvre, malgré sa simplicité apparente : « Orphée et Eurydice tient en une heure trente, sans entracte, avec trois personnages et un chœur. Avec si peu, tout y est dit. C’est justement ce qui en fait l’une des œuvres les plus exigeantes du répertoire : il n’y a nulle part où se cacher. »

Une équipe d’exception pour un mythe universel

À la direction musicale, Bernard Labadie retrouve l’Opéra de Québec, dont il a été directeur musical de 1994 à 2003. Figure majeure des répertoires des XVIIe et XVIIIe siècles, fondateur des Violons du Roy et de La Chapelle de Québec, il dirigera l’Orchestre symphonique de Québec et le Chœur de l’Opéra de Québec.

La mise en scène est signée par le Canadien Robert Carsen, dont le travail est présenté par les plus grandes maisons d’opéra du monde. Reconnu comme un véritable « révélateur d’œuvres », Carsen aborde les grands classiques avec une vision contemporaine qui cherche moins à les réinventer qu’à en faire ressortir la force théâtrale et émotionnelle. Pour Orfeo ed Euridice, sa mise en scène épurée ramène à l’essentiel et laisse toute sa force au drame de Gluck. La mise en scène sera reprise à Québec par Christophe Gayral.

Sur scène, trois grandes voix québécoises donnent vie au mythe : Rose Naggar-Tremblay dans le rôle d’Orphée, Anna-Sophie Neher dans celui d’Eurydice et Natasha Henry dans celui d’Amour. « C’est comme cela que je conçois notre maison : une scène pour nos artistes et nos artisans, et une porte ouverte sur le monde. » – Jean-Marie Zeitouni

Une œuvre pour entrer dans l’opéra — ou y revenir

Orphée et Eurydice constitue un point d’entrée idéal dans l’univers de l’opéra. Mais derrière la simplicité de son récit se trouvent des questions qui demeurent profondément actuelles : que peut-on faire face à la mort? 

Jusqu’où peut aller l’amour? Et quel pouvoir l’art peut-il exercer sur nous?

Pour l’Opéra de Québec, le choix de cette œuvre pour ouvrir une nouvelle saison est aussi une manière d’affirmer une ambition : proposer des productions d’envergure qui puissent rejoindre aussi bien les passionnés d’opéra que celles et ceux qui en franchissent les portes pour la première fois.

Un grand mythe, une musique essentielle et une équipe d’exception : l’Opéra de Québec ouvre sa nouvelle saison avec une œuvre qui, plus de 260 ans après sa création, continue de parler directement à notre humanité.

Orphée et Eurydice [Orfeo ed Euridice] de Christoph Willibald Gluck – Version originale italienne

24, 27, 29 et 31 octobre

Grand Théâtre de Québec

Direction musicale : Bernard Labadie · Mise en scène : Robert Carsen · Reprise de la mise en scène : Christophe Gayral · Orphée : Rose Naggar-Tremblay · Eurydice : Anna-Sophie Neher · Amour : Natasha Henry · Avec l’Orchestre symphonique de Québec et le Chœur de l’Opéra de Québec