Elage Diouf

Élage Diouf n’a jamais arrêté de voyager, par la musique et les rythmes. Né El Hadji Fall Diouf à Dakar, au Sénégal, neuvième d’une famille de dix enfants, il a appris les percussions de façon autodidacte, dans la rue, en cachette de ses parents. En 1996, lui et son frère posent le pied à Montréal pour deux mois de tournées. Ils restent. Aujourd’hui, le percussionniste, auteur-compositeur-interprète revient sur une année chargée, les Baobab Awards, les JOJ de Dakar, et son prochain album.

Élage Diouf : l’artiste de la diaspora récompensé aux Baobab Awards

En mai dernier, l’organisation des Baobab Awards a nommé Élage Diouf comme artiste de la diaspora lors de sa deuxième édition. Le gala s’est tenu le 3 octobre 2026 à Trélazé, près d’Angers, dans les anciennes Écuries des Ardoisières. L’événement, organisé par New African Production, célébrait l’excellence et l’impact des talents de la diaspora africaine en Europe, en Afrique et au Canada.

« Je suis très fier et content d’aller chercher mon prix en France. Ce qui me touche, c’est que tous les prix des Baobab Awards viennent de gens qui sont partout (…) C’est la diaspora qui me découvre et qui m’aime. »

La reconnaissance est significative. Diouf avait déjà reçu un prix en 2015, au Sénégal. Mais cette fois, c’est le public de l’extérieur qui lui rend hommage. « C’est une fierté », précise-t-il. « La diaspora, c’est des gens qui vivent loin du Sénégal, mais qui portent le Sénégal avec eux. »

Élage Diouf et Dakar 2026 : la flamme olympique et les JOJ

Avant de monter sur la scène des Baobab Awards, Élage Diouf est retourné deux semaines au Sénégal en juin, pour les Jeux Olympiques de la Jeunesse de Dakar 2026.

« La mairie de Dakar m’a invité pour faire des performances pendant la tournée de la flamme olympique », explique-t-il. Les JOJ de la Jeunesse, qui se tiendront du 31 octobre au 13 novembre 2026 au Stade Abdoulaye Wade de Diamniadio, marquent une étape historique : ce sont les premiers Jeux olympiques organisés sur le continent africain. Avec 2 700 athlètes de 17 ans et moins venus du monde entier, Dakar devient une capitale olympique.

Diouf retournera à nouveau au Sénégal en décembre. « C’est pas pour m’enfuir de l’hiver, rigole-t-il. J’adore Noël, la neige. J’ai été en Espagne pendant l’hiver un jour, il y avait de tout, mais il manquait la neige. Je me suis pas senti à Noël. »

Élage Diouf : la carrière d’un percussionniste sénégalais au Québec

Diouf s’est d’abord fait connaître au Québec grâce à sa collaboration avec Les Colocs et André « Dédé » Fortin. « Nous on faisait un démo de percussions et un ami nous a présenté les Colocs », raconte-t-il. Il a coécrit Tassez-vous de d’là !, l’un des succès les plus emblématiques du groupe, et a participé à la tournée du spectacle. Il a ensuite collaboré avec Loco Locass, Dubmatique, Stefie Shock, Roch Voisine, Ariane Moffatt, et bien d’autres, tout comme la percussion Keita Ogawa (Snarky Puppy) de passage au Palais Montcalm le 7 novembre 2025.

Trois albums solo, un JUNO et un Félix

La discographie d’Élage Diouf est un parcours jalonné de distinctions. Son premier album solo, Aksil (bienvenue en wolof), paru en 2010, a remporté à la fois un Félix (ADISQ) et un JUNO, tous deux dans la catégorie Album de musique du monde de l’année. Il y était accompagné des percussions d’Alain Bergé et des guitares de Guy Kaye.

Avec son second opus, Melokáane (reflet en wolof), sorti en 2015, il a été nommé à l’ADISQ (Album de l’année – musiques du monde) et au Canadian Folk Music Awards (Artiste solo de l’année – Musique du monde). L’album, coproduit par Alain Bergé et Diouf lui-même, inclut des collaborations avec Johnny Reid et le guitariste Jordan Officer. Le disque a aussi valu à Diouf le prix Charles-Biddle et une attestation du Ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion du Québec, pour sa contribution exceptionnelle au développement culturel québécois.

Son troisième album, Wutiko (quête en wolof), coréalisé avec Rick Hayworth, explore les thèmes universels de la résilience et de l’évolution humaine. Il comporte des collaborations avec Jorane, MC Depestre et Carlos Placeres, et a été salué par Mario Boulianne du Droit comme « l’album le plus achevé de sa carrière. »

Entre ces disques, Diouf a aussi sorti Back to Jolof (2017) et participé à de nombreux hommages collectifs, dont le récent Tassez-vous de d’là! Hommage à Dédé Fortin (2018), aux côtés de Vander, Boucar Diouf, Karim Ouellet, Shauit et King Abid.

« Il faut plus de place à la musique du monde à la radio »

Malgré une carrière internationale florissante, Diouf déplore une chose : la visibilité accordée à la musique du monde dans les médias québécois. « On ne peut plus passer à la radio comme avant, sur Radio-Canada par exemple. Il y a de moins en moins de place pour la musique du monde. Ce n’est pas juste une musique d’été », insiste-t-il. « Il doit y avoir plus de place pour enrichir la culture.  »

Saytu, le prochain album, et l’avenir

Diouf a sorti des singles depuis son dernier album, dont Saytu.

Un autre single, Soirée Siko, a paru en 2026. Son prochain album complet est prévu pour le printemps 2027.

À celles et ceux qui viendront l’entendre au Moulin Marcoux, il a une promesse : « Beaucoup de découvertes. Les gens vont comprendre comment les chansons ont été composées, comment certaines collaborations se sont faites. Il y aura des surprises. »

Elage Diouf, au Moulin Marcoux le 8 octobre 2026 dès 20h. Il reste encore de bons billets, et souvenez-vous que la salle ne compte que 150 places, alors ce sera en toute intimité que Diouf présentera son spectacle!