Du 4 au 28 novembre 2026 au Trident
Durée : 2 h 15 sans entracte
D’après le roman d’Emmanuelle Pierrot

Une création du Centre du Théâtre d’Aujourd’hui, du Théâtre du Trident, et du Théâtre de l’Affamée, en coproduction avec le Théâtre de l’œil.
Le Théâtre de l’Affamée, formé de Marie-Ève Milot et de Marie-Claude St-Laurent, débusque la toxicité d’une amitié homme-femme et révèle que les rapports de pouvoir et la violence, quoique sourde et insidieuse, existent même au sein des relations qui nous sembleraient les plus authentiques.
L’adaptation scénique est fidèle à leur démarche féministe et font entendre la parole lucide et frontale d’une femme qui refuse de porter seule le poids du jugement.
Avec la complicité du Théâtre de l’Œil et de son savoir-faire marionnettique, les créatrices mobilisent les ressources les plus artisanales du théâtre pour dépeindre le Yukon et la pléiade de personnages, aussi savoureux qu’abjects, qui gravitent autour de Sacha – celle qui rêvait d’un Klondike qui, à notre grand malheur, ne sera jamais atteint.
Synopsis
À dix-huit ans, Sacha et Tom quittent Montréal pour Dawson City, au Yukon. Le duo trouve enfin l’espace de liberté dont il rêvait, rythmé par les emplois saisonniers, les road trips, les rencontres éphémères et les nuits blanches, dans l’immensité d’un Nord où tout semble possible. Mais lorsque Sacha tombe amoureuse d’un autre, Tom en prend ombrage et amène le reste du groupe, à coups de médisances, à la rejeter. De plus en plus ostracisée, Sacha vivra une situation très périlleuse quand la pandémie frappera…
L’histoire de Sacha et Tom nous plonge au cœur d’une intimité explosive : la mémoire contre la mémoire, la parole contre le silence, l’individu contre la version collective des événements.
Ce qui semblait être un parcours ordinaire – une vie, une relation, une rupture, un deuil – se révèle être un champ de mines où chaque souvenir cache une blessure, chaque silence une résistance. Sur scène, la langue est acérée, drôle et douloureuse à la fois, toujours précise comme un scalpel. Sacha n’est pas une victime, c’est quelqu’un qui refuse, enfin, de disparaître dans la version des autres.
Décor et musique
Des sommets, des rideaux lumineux pour représenter la glace, un bar, un appartement. Aussi, les personnages vont faire et défaire les différents lieux à partir d’un magasin gratuit, (ce que les gens laissent en partant du Yukon) comme des patins à roulette et des hockey, etc.
Comme nous sommes au Yukon, le traitement sonore, comme les glaces qui travaillent avant d’éclater, nous font sentir petits face à l’immensité. Ce craquement peut aussi représenter les blessures que ressent Sacha.
La musique aux accents très folk est conçu par le guitariste Antoine Berthiaume. On a même fait appel au groupe folk-punk féminin Cadmium, pour certains morceaux de la trame musicale.

Mon appréciation
Beaucoup de « Sacha » se reconnaîtront dans ce récit féministe. Elles voudront briser leur solitude et être entendu. On voit l’escalade de la violence. On montre la violence qui s’immisce d’abord très subtilement, par l’humour, puis grandit tranquillement pour devenir de l’exclusion, de l’intimidation, et créer un climat idéal pour une agression physique grave. Il y a le mot DANGER dans ce récit et les metteures en scène ont bien réussi à nous faire comprendre le processus. Oui, on peut aussi vivre une peine d’amitié.
Ce qui est intéressant, c’est qu’on perçoit ce que ressent Sacha de l’intérieur. Son amie (la chienne-loup Luna) en marionnette est sa confidente et ça donne un effet révélateur de la solitude que Sacha peut éprouver d’être rejetée. Les gens peuvent être cruels au point de maltraiter un chien pour faire encore plus de mal à la personne que l’on rejette.
La chienne Luna est vraiment belle, et la manipulatrice fait de la marionnette, une vraie chienne.
Une mention spéciale à Melissa Iguer pour son rôle de Sacha, elle est sublime dans ce rôle vedette.
La distribution a été recrutée à Montréal et à Québec :
Sacha (Melissa Iguer,) dans le rôle principal
Tom (Karl Bobanovits),
Kosmas (Gabriel Samson I) le bégin de Sacha
Chienne-louve : L’animal est incarné par une magnifique, colossale et expressive marionnette réalisée par Ève-Lyne Dallaire, habilement manipulée par Catherine De Léan.
Aussi : Ines Sirine Azaiez, Daniel D’Amours, Lyraël Dauphin, Vincent Roy.
| ★ Avertissement : le spectacle comporte de la fumée de scène, des effets sonores à haut volume, de la nudité partielle ainsi que des scènes de sexualité et de consommation de drogue simulées. Il aborde également des thèmes pouvant être difficiles pour certaines personnes, notamment le suicide ainsi que des situations de violence verbale, psychologique, physique et sexuelle. |
Avant le spectacle dans le hall

Le groupe Bosquet nous a mis dans l’atmosphère de la fête avec leur musique festive et entrainante.
« Bosquet est un quintet acoustique flexible ayant prit racines à Rimouski. Inspiré par le folk punk et le blues de la ville, leur musique fait crier, danser, et donne envie de quitter la métropole pour de bon. Leur premier EP « En attendant Kate » grave leurs expériences vécues et leur dédain du conformisme en chanson afin de partager un sentiment de révolte, de nostalgie et de l’envie de vivre malgré le brasier dystopique qui nous entoure. »

Crédit photos : Lise Breton
