La nouvelle saison des Grands Explorateurs s’est ouverte cette fin de semaine au Grand Théâtre de Québec, avec Les îles sœurs : La Réunion et Maurice. Portée par Charles Domingue, cette ciné-conférence entraîne le public dans un voyage où la beauté des paysages n’éclipse jamais les gens qui les habitent.

Des images qui racontent

La qualité des images frappe d’emblée. Reliefs volcaniques, lagons lumineux, marchés colorés et visages filmés de près composent un portrait vivant des deux îles. Le montage assure des passages fluides entre paysages, rencontres et traditions, tout en laissant aux entrevues le temps de donner une voix aux personnes rencontrées. Un parcours intimiste qui ne vise pas à tout raconter, mais à piquer la curiosité.

Les prises de vues par drone ajoutent une dimension spectaculaire au récit. Du haut des airs, elles révèlent l’ampleur des reliefs et le dessin des côtes, mais aussi les contrastes qui traversent le film : la terre volcanique et l’eau, les hauteurs verdoyantes et les plages baignées de lumière. La maison Eureka, nichée parmi les montagnes, prend ainsi une tout autre allure lorsqu’elle est découverte du ciel.

Une réalisation pleine de personnalité

Le film se distingue aussi par des choix graphiques qui lui donnent une identité propre. Plutôt que de situer les îles à l’aide d’une carte traditionnelle, il les fait apparaître dans une vidéo où on voit un artiste les dessiner à main levée. Ce trait qui se construit sous les yeux du public apporte une touche de spontanéité et de poésie à la découverte.

Les titres de chapitres rédigés en créole ajoutent, eux aussi, de la valeur au discours. Ils prolongent dans la forme ce que le documentaire raconte sur le fond : la place vivante de la langue et de la culture créoles dans ces îles.

Nous sommes résolument ancrés dans le récit de voyage, dans la beauté des paysages et des visages, où quelques bribes d’histoire viennent toucher le coeur des spectateurs, comme ce qui est arrivé au Mont Brabant, sur l’île Maurice.

Une voix à la hauteur du voyage

La narration de Charles Domingue est un autre point fort de la ciné-conférence. Chaleureuse et expressive, elle relie les séquences sans écraser les images ni les témoignages. Le narrateur sait passer de la curiosité devant une spécialité de rue à l’émotion que suscite l’histoire du Morne Brabant, puis à l’émerveillement d’une rencontre avec un cachalot.

Avec ses images soignées, son montage rythmé, ses vues aériennes et ses trouvailles graphiques, Les îles sœurs donne ainsi le ton à cette nouvelle saison : un voyage qui en met plein la vue, tout en invitant à regarder au-delà de la carte postale.

Prochaines représentations

C’est un autre rendez-vous à ne pas manquer partout dans la province, et la saison s’enchaînera au Grand Théâtre de Québec avec la Colombie le 8 novembre prochain.