Durée : 1 h 30

LA PIÈCE

On assiste à la matérialisation d’une amitié puissante entre quatre inconnu·e·s qui se retrouvent en ligne, dans une fuite du réel, à jouer à des jeux vidéos, à livestreamer et à créer des connexions uniques à travers leur écran, dans un « tiers-lieu » à leur image. Ces personnes, sous un faux nom sont : VSmasher_13, Ste55aki3, Zector51 et ¥W4TC# 

Une chorégraphie de danse très entrainante. (On voit les 2 écrans vidéos à l’arrière-plan)

Décor 

Des téléviseurs bien synchronisés avec l’image du logo de la personne qui est en ligne. Avec ces téléviseurs, on passe par la chambre de Victor, en visitant le livestream de Steph, en suivant Zach durant son trajet entre le bureau et son lit ou encore en accompagnant Yoan à l’hôpital, le public devient témoin, quasi-voyeur, de moments vulnérables et intimes, découvrant la solitude, les obsessions et les besoins de connexion humaine qui habitent ces jeunes gens.

Pour les besoins du spectacle, on déplie 2 lits qui sont dans le mur, on roule une table ou une chaise dans le milieu de la pièce. 

Costumes

Les costumes sont magnifiques. Il y a bien sûr le gros chat qui nous a fait rire à tout coup, mais dès l’entrée sur scène, les comédiens étaient beaux avec leur faux fusil et leurs chorégraphies. J’ai bien aimé la j-pop (Margo Ganassa) qui ressemblait à une belle poupée. Il y avait aussi Charlie Camaron-Verge qui avait dans son dernier costume un tube lumineux. 

Lexique pour se retrouver dans le langage :   lexique.

Gabriel Sénéchal

Originaire du Bas-Saint-Laurent, Gabriel, celui qui a écrit la pièce, est un artiste basé à Québec et formé au Conservatoire d’art dramatique de Québec. Il se spécialise dans la création, l’écriture et la performance. Il aime mettre en scène des réalités marginales et des personnages uniques, parfois un peu tordus, mais pleins d’humanité, avec un souci particulier pour l’aspect “spectaculaire” de l’art vivant. Au théâtre, on a pu le voir jouer dans Les Amazones (2023), J’ai perdu une ma lune (2024), La Sororité (2025) ainsi que dans le radio-théâtre Recalcul, diffusé en automne 2024 à la radio CHYZ. Il s’intéresse beaucoup à la création théâtrale multidisciplinaire, qu’il a pu expérimenter grâce aux projets Kréalogie Botanik (2024) et sa cocréation Un Cabaret Légume (2026), diffusé à la Charpente des Fauves.

Mes impressions

Un très beau spectacle immersif, qui a réussi à marier l’art numérique à l’art vivant en parlant d’un sujet peu abordé : la culture chronically online. Même si on s’y connait peu en ce domaine, nous sommes conscients que pour certaines personnes, c’est une sorte de refuge, une façon de briser la solitude.  Il y a des gens, qui décrochent complètement de la réalité, tellement ils sont accros au numérique.  Dans la pièce, on voit Valérie Boutin essayer de ramener sa sœur à la réalité lorsque celle-ci (Marianne Amyot) se retrouve à l’hôpital et continue tout de même à parler avec des inconnus plutôt qu’à sa sœur. 

Une production résolument numérique

Grâce aux conceptions vidéo et d’éclairage d’Émile Cyr-Perreault, le spectacle intègre la technologie à la scène de manière tout à fait novatrice. Des logiciels créés sur mesure permettent de contrôler une multitude de dispositifs vidéo, notamment des écrans numériques et analogiques ainsi que des projections. Celles-ci deviennent à la fois une source d’éclairage et un outil narratif, révélant un autre angle de l’histoire.

Interprétation

Valérie Boutin, Charlie Cameron-Verge, Margo Ganassa, Emmanuel Pelletier-Michaud et Marianne Amyot

Lexique : Megan O’Neill

Visuels: Audrey Caron (graphisme), Mathieu Lemay (photo et vidéo)

Programmation – éclairage et vidéo : Emile Cyr-Perreault

Costumes : Charlyne Roux

Mentorat: Olivier Arteau (écriture et mise en scène)

Décor et environnement sonore: Youri White

Marionnette: Cloé Lapointe

Pourquoi vous devez voir ce spectacle ? 

  • Pour son univers résolument multidisciplinaire, où se rencontrent art numérique, danse et marionnette.
  • Pour poser une réflexion sur la solitude, l’identité et notre besoin viscéral d’appartenance à l’ère numérique.
  • Pour les comédiens qui sont excellents
  • Pour plonger dans le quotidien de celles et ceux qui vivent autant sur Internet que dans le monde réel, particulièrement les jeunes.
  • Pour questionner la place grandissante de la technologie et de l’intelligence artificielle dans nos vies.
  • Pour enfin comprendre c’est quoi, la culture chronically online.

Vendredi- causerie

Margo Ganassa, Émile Cyr-Perreault, Kayla Kennedy, Gabriel Sénéchal, Emmanuel Pelletier-Michaud, Marianne Amyot, Valérie Boutin et Charlie Cameron-Verge

Vendredi-causerie

Question d’approfondir les thématiques du spectacle, une discussion avec les artistes et Kayla Kennedy, coordonnatrice de projets à la Fondation des Gardiens virtuels.

La Fondation des Gardiens virtuels œuvre à transformer les plateformes numériques, telles que Twitch et Discord, en espaces de soutien et d’intervention psychosociale préventive. Les années de travail de Kayla au sein de la Fondation lui ont permis de comprendre les enjeux auxquels font face les jeunes en ligne aujourd’hui et les réalités du terrain dans les espaces numériques.

Crédit photos: Lise Breton et David Mendoza Helaine