Le Théâtre du Trident propose une incursion dans les années 80 et l’avènement du VIH qui a secoué les communautés homosexuelles avec la pièce N’essuie jamais de larmes sans gants, dont l’adaptation du roman de Jonas Gardell est signée par Véronique Côté et la mise en scène par Alexandre Fecteau.

Dans un Stockholm des années 1980, alors que l’épidémie de sida frappe de plein fouet la communauté homosexuelle, les spectateurs suivent la vie de plusieurs personnages, tous touchés d’une manière ou d’une autre par la maladie. Le personnage principal, Rasmus, est un jeune homme homosexuel qui se permet enfin de vivre pleinement son émancipation sexuelle à son arrivée dans la bouillante Stockholm. Il rencontre alors Benjamin, celui qui deviendra son amoureux et qui vivra avec lui la folie et la déchéance d’un groupe d’amis soudés malgré la maladie et la mort.

La pièce est poignante et émouvante, mais elle est aussi remplie d’humour et de moments de joie. La nudité et la sexualité sont explicites, mais jamais déplacées. La mise en scène d’Alexandre Fecteau est particulièrement réussie, avec des décors simples, efficaces et dont la transformation dynamique anime la pièce d’une durée de 3h30. L’eau y joue un rôle prépondérant, peut-être pour rappeler la pluvieuse Stockholm ou le flot de larmes des vies brisées à jamais par la mort, la tristesse et le rejet. L’utilisation judicieuse de la musique offerte par un trio de musique classique en direct, les quelques extraits musicaux d’époque et l’interprétation de Carla Mezquita Honon renforcent les émotions au bon moment.

Le sujet de la pièce est très important, car il aborde un sujet encore tabou dans notre société: la maladie et la mort liées au sida. La pièce montre les conséquences dévastatrices de la stigmatisation et de la discrimination envers la communauté LGBT+, ainsi que l’importance de l’entraide et de la solidarité dans des moments difficiles.

Les acteurs de la pièce sont tous excellents, avec des performances émouvantes et sincères. Le public est transporté dans l’univers de la pièce et ressent toute l’intensité des émotions des personnages. On ne peut passer sous silence l’exhubérance de Paul, brillamment joué par Maxime Robin, et la justesse du jeu de Maxime Beauregrad-Martin (Benjamin) et d’Olivier Arteau (Rasmus).

En conclusion, la pièce de théâtre « N’essuie jamais de larmes sans gants » est une œuvre bouleversante et importante, qui traite d’un sujet encore trop souvent ignoré. La mise en scène d’Alexandre Fecteau est remarquable, et l’adaptation de Véronique Côté est très réussie. Les acteurs offrent des performances émouvantes et sincères. Cette pièce mérite d’être vue et appréciée pour sa qualité artistique, mais aussi pour son message de tolérance et de solidarité.

La pièce N’essuie jamais de larmes sans gants est présentée au Grand théâtre de Québec jusqu’au 1er avril et les billets sont en encore en vente chez TicketMaster.

Roman de Jonas Gardell

Traduction de Jean-Baptiste Coursaud et Lena Grumbach

Adaptation pour la scène de Véronique Côté

Mise en scène d’Alexandre Fecteau

Direction musicale d’Anne-Marie Bernard

En coproduction avec le collectif Nous sommes ici

Distribution:

Olivier Arteau, Maxime Beauregard-Martin, Anne-Marie Bernard, Frédérique Bradet, Laurent Fecteau-Nadeau
Gabriel Cloutier Tremblay, Hugues Frenette, Jean-François Gagné,
Érika Gagnon, Jonathan Gagnon, Israël Gamache, Samuel La Rochelle,
Réjean Vallée, Maxime Robin