Suzanne Champagne signe un retour très attendu au Théâtre Beaumont‑Saint‑Michel avec la comédie Quelle famille !, où elle incarne Denise, un personnage à « l’air bête« dont l’humour cache une peine bien réelle. Je vous partage ici quelques moments clés de notre entretien.
Retour à Beaumont-Saint-Michel
Plus de vingt ans après Drôle de couple en 2003, Suzanne Champagne revient au Théâtre Beaumont‑Saint‑Michel, un lieu qu’elle décrit comme magnifique, entre le fleuve et la campagne. Elle explique que c’est l’invitation du metteur en scène et adaptateur Jacques Girard qui a tout déclenché : surprise par sa proposition, elle lit la pièce immédiatement et la trouve « vraiment bonne, très drôle », ce qui la convainc de dire oui.
Elle souligne aussi l’importance de l’équipe, des partenaires de jeu et de l’enveloppe complète que forment le texte, le lieu et la distribution, ce qui lui donne le sentiment d’être chanceuse à ce moment de sa carrière.
La pièce Quelle famille !

Quelle famille ! est une comédie de situation de Francis Joffo, adaptée pour le Québec par Jacques Girard et transposée de la banlieue parisienne à Lévis. L’histoire réunit quatre générations sous un même toit et s’articule autour des tempêtes du cœur qui rattrappent chaque personnage à travers le divorce, les séparations et les réconciliations.
On se retrouve chez Michelle, la fille de Denise, jouée par Caroline Dardenne, et son conjoint Bernard, dont la maison est progressivement envahie par l’arrivée improvisée des membres de la famille, chacun avec ses propres problèmes. Suzanne Champagne propose même un sous-titre : « Tout le monde veut divorcer », pour illustrer le fil conducteur comique et universel qui traverse la pièce.
Ceci dit, il ne faut pas confondre avec la série télé de Janette Bertrand!
Denise : un air bête qui cache la souffrance
Le rôle de Denise est au cœur de l’entrevue : Suzanne Champagne confie n’avoir « jamais joué un air bête » auparavant et qu’elle a dû chercher et approfondir ce personnage pour le comprendre. Elle reconnaît que Denise peut se décrire comme ayant un air bête « mais avec raison », car derrière l’agressivité se cache une grande peine.
Plutôt que de vivre calmement son émotion, Denise réagit en étant piquante et à fleur de peau, ce qui nourrit le comique des situations tout en révélant une véritable vulnérabilité. Au fil de la pièce, cette dureté se transforme, portée par les échanges avec les autres membres de la famille et par l’évolution de chacun vers la conclusion de la pièce.
Une comédie entre vérité et absurde
Interrogée sur le risque de caricature dans le théâtre d’été, Suzanne Champagne insiste sur la base de vérité qui sous‑tend le texte. Selon elle, la pièce oscille parfois vers l’absurde et le comique de personnages, mais sans tomber dans l’exagération non crédible. Elle parle d’un « bel exercice de style » mené « par une main de maître », saluant le travail de Jacques Girard à la mise en scène et à l’adaptation.
Pour elle, le théâtre d’été offre une grande détente, mais n’exclut ni profondeur ni intelligence, surtout quand il traite de thèmes comme le divorce, les blessures affectives et la façon dont chacun tente de s’en sortir. Elle rappelle que le rire reste communicatif et libérateur, permettant au public de se retrouver dans les personnages, notamment pour tous ceux et celles qui ont connu des séparations.
La rigueur de la comédie et le rapport au public
Avec plus de quarante ans de carrière, Suzanne Champagne décrit la comédie comme un bonheur exigeant, qui demande concentration, rythme et « vérité absolue ». Elle cite l’actrice Valérie Lemercier : « La comédie, c’est l’excès de vérité », une formule qu’elle a gardée en tête pour guider son jeu sur scène.
Elle compare l’énergie dépensée sur scène à celle d’un match de hockey en séries, parlant d’un métier très tonique, presque sportif, particulièrement dans un théâtre d’été comme Beaumont‑Saint‑Michel. Ce qui la ramène surtout sur les planches, c’est le rapport avec le public, cette « grande communication à plusieurs niveaux » qui, avec le temps, prend des dimensions de communion et de catharsis partagée.
Après une période marquée par une COVID longue qui l’a forcée à annuler un projet de théâtre d’été, elle voit cette nouvelle production comme un « grand bonheur » et une véritable remise en forme. À l’approche de la première, elle dit ressentir des frissons et affirme que l’équipe est prête et impatiente d’accueillir le public pour une soirée à la fois drôle, touchante et profondément humaine.
On se donne rendez-vous au théâtre? C’est du 17 juin au 15 août 2026, procurez-vous vos billets!
